Paris ou la révolution permanente


pedron

Pour signer un triplé historique, le PSG devra vaincre l’AJA devenue ces dernières années une modeste formation de L2. Il y a douze ans, presque jour pour jour, ces deux équipes s’étaient déjà affrontées en finale de CDF. Et l’AJA de Guy Roux avait eu raison du PSG de Luis plongeant ainsi le club parisien dans une révolution dont il a le secret.

Saint-Denis, Stade de France, samedi 31 mai 2003. La nuit francilienne est douce, présage d’un été caniculaire. Fred Déhu qui a cédé en début de saison son brassard à l’argentin Pochettino reste adossé au poteau de but, le regard dans le vide. L’ancien lensois aujourd’hui retraité ne garde pas de très bons souvenirs du SDF. Vainqueur de la CDF 2004 avec le PSG, il encaisse les sifflets de son public pour avoir annoncé sa signature chez l’ennemi marseillais. En 2006, il reviendra à Saint-Denis pour y défier … le PSG avec la tunique olympienne mais il devra s’incliner.

Des sucettes pour Luis

Tout comme en cette année 2015, la finale 2003 eut lieu une semaine après le terme du championnat. Dernière journée  de L1 marquée par la victoire des hommes de Roux sur le PSG par deux buts à zéro. 2003, autres temps, autres moeurs. Le PSG n’est pas encore passé sous pavillon qatari, la crise des subprimes n’existe que dans les films de SF, Guy Roux galope encore tel un jeune premier pour défendre son AJA et Luis Fernandez déjà démissionnaire n’est pas encore consultant radio. A l’Abbé Deschamps, Guy Roux bondit de son banc de touche, pénètre sur la pelouse et fait annuler l’ouverture du score parisienne prétextant un brouillard causé par un fumigène. Une semaine plus tard, au SDF, Guy Roux décide d’enterrer la hâche de guerre en offrant des sucettes géantes à l’entraîneur parisien.

Paris a connu une saison pour le moins contrastée et symbolisée par la relation entre deux hommes : Luis Fernandez et la star brésilienne Ronaldinho. Ronnie c’est ce génie tout juste couronné champion du monde avec la Seleçao et auteur d’une seconde partie de saison 2001-2002 royale. Ronnie, cet artiste qui danse et fait danser la samba à son coach un après-midi d’octobre 2002 face à l’OM. Cet OM qu’il vaincra quasiment à lui seul également quelques mois plus tard au Vél. Mais Ronnie, c’est aussi une hygiène de vie douteuse et donc des conflits avec Fernandez.

En cette fin de printemps, le sort de ces deux hommes est quasiment scellé. Luis a en effet déjà annoncé depuis de longues semaines qu’il n’entraînerait plus son club de coeur. Quant au maestro parisien, même si l’état-major du club et son nouvel entraîneur Vahid Halilhodzic feront tout pour le conserver, il prendra la direction de Barcelone à l’intersaison.

Inexorable crise

Dans cette finale, l’expérience et la technique parisienne maîtrisent rapidement la fougue des jeunes pousses auxerroises. Paris mène d’un but à la mi-temps grâce à un but de son milieu portugais, l’ex-futur Luis Figo à en croire Luis Fernandez lorsqu’il le fit signer en 2001. Ce même Hugo Leal, héros malheureux car coupable d’un pied haut sur Philippe Méxès laissera donc ses coéquipiers finir sans lui. Cousue de fil blanc, l’histoire se dessine petit. Cissé permet dans un premier temps à son équipe d’égaliser avant que Boumsong ne crucifie Jérôme Alonzo dans les dernières minutes. Francis Llacer, historique du club et proche de Luis, entré en cours de jeu n’y pourra rien et manquera une énorme occasion en toute fin de match. Pour lui aussi, ce sera son dernier match sous les couleurs parisiennes.

Rideau, le PSG part en vacances la tête basse. Une nouvelle page se tourne pour le club de la capitale. Envolées les belles promesses du début de saison, Paris s’apprête alors à démarrer un nouveau cycle. Le tandem Graille-Halilhodzic chasse Perpère-Fernandez. Finalement, cette fin de saison 2002-2003 caractérise à merveille le club francilien où les mots instabilité, crise et révolution n’ont cessé depuis plus de vingt ans d’alimenter les débats.

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À propos de karimtweety

Karim, 32 ans. Rédacteur d'articles foot :-)

Publié le 29 mai 2015, dans Analyses, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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