PSG : erreurs techniques, erreurs tactiques


Cavani loupe son action

Après la défaite du PSG mardi soir, face à Manchester City, Laurent Blanc s’est déclaré responsable de l’élimination des siens. La quatrième en quatre ans à ce stade de la compétition, un triste record. « Je ne me débine pas » a-t-il assuré, « je suis responsable ». Responsable, il l’est, en effet. Son coup de poker tactique a tourné au fiasco. Mais la performance individuelle de ses joueurs est tout bonnement incompatible avec une qualification pour une demie finale. Entre erreurs tactiques et erreurs tehniques, les parisiens ne pouvaient pas espérer autre chose qu’une élimination, même face à une bien pâle équipe de City.

Un changement de système improbable

Pour le match le plus important de l’année, Laurent Blanc avait décidé d’innover à l’Etihad Stadium, et bien mal lui en a pris. En alignant un 3-5-2 dès le début de la rencontre, l’entraîneur parisien a tenté un coup tactique inimaginable et a surtout perdu ses joueurs. Après 40 minutes de jeu et avant la sortie sur blessure de Thiago Motta, c’est plutôt un système en 5-2-3 qui nous a été présenté.

Maxwell et Van Der Wiel, pourtant libérés de leurs tâches défensives, ont très peu dépassé le milieu de terrain. Di Maria, aligné en numéro 10 à l’ancienne, était censé aspiré les ballons et le jeu dans un système construit autour de lui. Il ne s’est jamais retrouvé entre les lignes des citizens pour organiser les offensives. Défensivement, il n’a participé que sporadiquement à la récupération du ballon. Pour preuve, Opta, spécialiste des statistiques, a recensé un seul duel aérien perdu par Di Maria. Aucune interception, aucun tacle réussi, aucune faute commise. L’argentin a erré sur le terrain pendant 90minutes, si ce n’est 180.

Laurent Blanc, qui a tout fait depuis 3 ans pour imposer son 4-3-3, créer cet ADN et cette identité de jeu, sans jamais travailler d’autre alternative tactique, s’est renié le jour le plus important de l’année. Le plus dommageable pour lui est d’avoir attendu, ou plutôt profiter de la blessure de Motta pour changer son système. Lui qui critique ses joueurs pour être trop souvent dans la réaction n’a pas fait beaucoup mieux hier soir. Pendant 40 minutes, le PSG a donc jouer à cinq défenseurs pour gérer l’unique cas Agüero, deux milieux défensifs pour gérer quatre adversaires à la relance. Allez chercher l’erreur.

La seconde mi-temps est d’une logique implacable. Obligés de marquer pour se qualifier, privés de son trio titulaire au milieu du terrain, les parisiens se sont découverts et déséquilibrés avec l’entrée en jeu d’éléments offensifs (Lucas en fin de première mi-temps, Pastore à l’heure de jeu). Leur incapacité à se dégager et à relancer a été sanctionnée par « King Kev », le nouveau surnom du belge De Bruyne.

Aurier aux abonnés absents

Le malheur tactique de Laurent Blanc n’est pas l’unique cause du destin tragique réservé au PSG hier soir. Rares sont les parisiens qui ont surnagé. Au total, ce sont 158 ballons qui ont été perdus pendant le match, un record pour le club de la capitale depuis son retour en Europe en 2012-2013. Un seul Verratti vous manque et tout est dépeuplé.

Serge Aurier est le meilleur exemple. Aligné en défense centrale, il a été catastrophique. Il a perdu, dès le début de la rencontre, un nombre important de ballon, le plus dangereux entraînant le penalty sur Agüero. On a vu Thiago Silva et même Rabiot tenter de le recadrer pendant plusieurs secondes à cet instant du match. Il est sorti au bout d’une heure jeu, sous les sifflets des supporters parisiens, comme une semaine plus tôt au Parc des Princes. Une mauvaise habitude mais pouvait-il en être autrement pour un joueur qui n’a pas joué au haut niveau depuis Février ?

Côté offensif, les combinaisons entre Ibrahimovic, Cavani et Di Maria auront été inexistantes. Au total, le PSG a tiré six fois au but et a été dangereux sur quatre tentatives. Bien maigre bilan quand on pense que trois de ces quatre tirs sont le résultat de coups de pied arrêtés (deux coups francs d’Ibrahimovic repoussés par Hart et une tête de Thiago Silva sur corner). Seul le face à face loupé par Cavani a été créé par du jeu. Pour une équipe qui a possédé le ballon 64% du temps, on comprend les déclarations de Kevin De Bruyne au sortir de la rencontre : « Le PSG, à part se faire des passes en défense… ».

Alors bien sûr nous aurions parlé du génie de Laurent Blanc si sa stratégie avait fonctionné. Nous aurions également parlé de l’expérience acquise par les joueurs du PSG depuis 4ans, en en faisant, de fait, un favori pour le titre final. Malheureusement nous resterons sur un terrible échec. Certains parlent déjà d’une équipe en fin de cycle. On disait la même chose des anglais il y a quelques semaines, au moment où Pep Guardolia a été désigné futur entraîneur. Ils sont en demie finale. Amer constat.

Manchester City n’est pas supérieur au PSG mais sûrement plus cohérent sur cette double confrontation. Suffisant pour atteindre les demies dès son premier coup d’essai. Soulagé des contraintes liées au fair play financier, le mercato risque d’être agité du côté de la Porte d’Auteuil.

@dubamax

 

 

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Publié le 13 avril 2016, dans Analyses, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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